Le grand voyage des Marcazzan

Le grand voyage de Mario, Emilie, Baptiste et Elisa ...

Au commencement, ce fut un abonnement cadeau à voile et voilier (merci à Laurent Cohen) qui nous fit même songer à l’acquisition d’un bateau. Au final nous avons été raisonnables et ce fut la maison en Normandie…ce n’était que partie remise. D’autant plus qu’en Normandie, nous nous étions inscrits au club nautique Veulais. Le feu couvait sous la cendre.

De fil en image, de salon nautique en salon et de sorties avec le club nautique valériquais en rincette, nous avons fini par troquer nos semaines de location en villa corse par des semaines de location en monocoque (merci à Midi Nautisme).

Mais la tentation dans les pages d’ « Histoires de partir » a été trop forte…Pourquoi les autres et pourquoi pas nous ?

lundi 29 novembre 2010

Sur la voie du retour / 1







Bonaire étant le terminus plus à l’ouest de notre voyage, il est maintenant temps de revenir vers l’est, toujours en compagnie de notre bateau copain Corynthe, tandis que Scorff continue vers Aruba pour ensuite traverser toute la mer des Caraïbes vers Cuba.
Le problème de cette route du retour, est qu’elle se déroule contre les vents et les courants dominants : donc environ 300 milles à remonter au moteur, étant donné qu’un catamaran a peu d’aptitude à faire du près, c'est-à-dire avancer contre la direction du vent. Le problème devient celui de choisir les moments favorables pour faire route, c'est-à-dire les créneaux où le vent contraire est moins fort et la mer moins agitée.
La première étape du parcours, de Bonaire jusqu’aux Roques, se déroule dans des conditions optimales : vent nul et mer belle. Aux Roques, nous profitons à nouveau des mouillages paradisiaques de cet archipel, de ses fonds et de ses plages immaculées. Deux points négatifs, cependant : les moustiques qui perturbent nos soirées dès qu’on se rapproche un peu trop de la mangrove, et les autorités du parc qui nous inspectent et nous extorquent 220$ de taxe de séjour de manière un peu trop arbitraire (Corynthe, visité après nous, s’en tire mieux avec quelques dizaines d’euros et un peu de boissons). De plus, notre séjour n’est autorisé, faute de faire les formalités, que pour 48h de « transit » : nous décidons cependant de ne pas respecter cette limite, d’une part pour profiter davantage de l’endroit et d’autre part pour attendre un nouveau créneau favorable pour poursuivre notre route à l’est. Nous en profitons pour faire quelque partie de chasse à la langouste (voir le post d’Elisa). Le dernier mouillage est exceptionnel : en pleine mer à l’abri de la barrière de corail : pas de mangrove ou de plage à proximité, juste des cayes et un ilot de sable qui nous servira de refuge le temps d’un barbecue le lendemain. Il faut lever l’ancre et nous n’avons qu’une envie : revenir découvrir les autres petites iles des roques que nous avons du délaisser.

dimanche 28 novembre 2010

Bonaire








Bonaire. Une pensée pour nos amis d’Onnens, Monique, Marcol, Celia et Noah qui rêvent de venir à Bonaire . Ces quelques lignes et photos leur sont dédiées, en espérant qu’ils trouvent le temps de venir nous rejoindre dans les prochains mois !!!
A peine débarqués de nos iles sauvages, mangroves remplies d’oiseaux et de moustiques, nous voilà après un passage éclair à la douane+émigration (nouveaux tampons sur les passeports) assis à une terrasse de café avec une musique assourdissante, devant une bière hollandaise bien fraîche… Bi mini ou welcome to the civilisation ! Ce sont les happy hours… Les enfants sont ravis. Bonaire sera donc une escale technique : approvisionnement, vidange, eau et gazole. Nous retrouvons Marc et Sylviane et leurs amis pour une virée à Petit Bonaire, virée plongée bouteille. Ce sera l’occasion d’une première pour Baptiste et Mario qui vous raconteront leur expérience.
Les premières impressions de la capitale sont étonnantes : le bruit, les odeurs et la foule. Les couleurs également au travers des façades colorées. Nous croisons très souvent des hommes en noir avec des bouteilles sur le dos. Bonaire a axé son développement touristique autour de la plongé. Leur préoccupation majeure : le respect des fonds. Nous sommes donc obligé de mouiller sur des bouées double et sur les sites de plongé, il y a une bouée jaune avec un «parcmètre de deux heures» uniquement. Par contre, pour notre plus grand bonheur, poissons perroquet, poissons clown et raies viennent nous saluer dans une eau cristalline.
Marc et Sylviane ont joué au père Noel en avance en nous apportant le notebook, la carte sim du téléphone de Mario et des répulsifs contre les moustiques. Nous voilà parés d’un point de vue télécommunication et nous les en remercions vivement !
Bonaire a été aussi le théâtre de folles virées gastronomiques car malgré nos braves pêcheurs et leur courtoisie à pêcher des excellents poissons différents, nous avons des envies carnassières. Sus aux ribs de porc, aux BBQ et à la pizza, sans oublier les glaces !!! La vie est relativement peu chère et nous remplissons nos soutes car nous repartons vers les roques pour trois semaines sans «supermarché à proximité».
Nous saluons nos amis du Scorff qui se dirigent vers ARUBA et Curaço pour remonter vers Cuba. Nous routes se croiseront certainement à nouveau dans le nord des Antilles. Bon vent à toues les 6 !

Los Aves












Los Aves, des atolls du bout du monde… Los Roques en comparaison, ce sont des phares de civilisation.
Ces îles perdues entre Los Roques et Bonaire sont peuplées presque exclusivement d’oiseaux marins et de quelques pêcheurs qui troquent leurs prises contre des denrées de première nécessité, tels qu’allumettes, hameçons, aiguilles et fil de couture, cigarettes et boissons alcoolisés…
Mouillés derrière un récif face à l’immensité de la mer des Caraïbes, nous avons vraiment l’impression d’avoir laissé loin derrière toutes nos attaches à la terre ferme. Malheureusement nous ne faisons qu’une courte halte sur notre chemin, mais nous nous promettons de revenir… nous voulons nous offrir le barbecue à la plage que cette fois nous a été nié par un malencontreux grain !

lundi 8 novembre 2010

Planche à voile aux roques






Aux Roques, les lieux sont idéales pour la planche : les îles sont basses et ne bloquent pas le vent, et forment des atolls où on peut glisser sur une eau presque plate et cristalline, observant les coraux qui défilent sous la planche : l’eau est tellement transparente que parfois on se fait des frayeurs par rapport à l’aileron, même lorsque il y a deux mètres d’eau…
On peut tirer des bords de quelques milles pour relier les îles entre elle, on se demande ce que pourrait donner une World Cup de slalom à cet endroit ! Le vent est souvent établi entre 15 et 20 nœuds, et avec Guad je fais fumer la 8.0 (regrettant presque la 6.7 oubliée en France), tandis que ma planche se confond avec la couleur de l’eau sur le sable.

Los Roques









C’est notre première navigation de 24h00 qui nous permet de nous aguerrir et de faire nos premières armes. Nous arrivons aux Roques, loin de toute civilisation et nous retrouvons par hasard au mouillage Scorff avec nos amis les Perrin. Elisa est ravie de revoir sa copine Cléo et les parents d’échanger avec Audrey et Antoine, voisins de Suresnes, rencontrés en stage de médecine d’urgence. Ils ont à leur bord leurs 4 enfants, qui ajoutés aux nôtres et à ceux des Declerck forment une joyeuse bande ! Le bol de popcorn est rapidement englouti lors des apéros. Nous voyagerons avec eux jusqu’aux Aves. Toutes ces discussions nous remontent le moral et nous finalisons les conditions de retour de Baptiste vers la métropole, choix qui semble le meilleur pour Baptiste et nous l’espérons pour nous tous également. Baptiste nous accompagnera jusqu’à Bonaire et reviendra vers les Petites Antilles pour repartir sur la Normandie en décembre et entamer le deuxième trimestre au Havre. Nous nous retrouverons en juillet, certainement pour partager de nouveau une belle expérience.

Lors de ces quelques jours à Roques, nous en profitons pour faire de la planche à voile, admirer les plus beaux fonds, manger des langoustes et faire du pain. Nos réserves s’amenuisent et nous poussent à pêcher. Guad attrape avec un lasso « home made » une langouste tapie sous une patate de corail et y laissera un bout de la canne à pêche d’Elisa qui avait servi au montage du lasso. Désormais notre cri de ralliement sera vive les patates ! Il remonte également un magnifique barracuda qui fera le diner de tous les adultes et Baptiste prend une splendide daurade coryphène. Un moment de magie et de sérénité que nous devons quitter à regret pour mieux revenir sur la route du retour…
Difficile de décrire en quelques mots Los Roques, un archipel d’iles, ilots et atolls qui semble être resté en dehors du temps, un endroit où la trace des hommes (seulement quelques pêcheurs sur la plupart des îles) ne prévaut pas encore sur la nature. Les bancs de poissons se promènent placides, les tortues observent…
Seul point noir des roques, nous renouons avec les moustiques, que nous avions quitté sans regret à Grenade…
Et le sentiment d’être au bout du monde se renforce encore aux Aves, deux ensembles d’îles peuplées essentiellement d’oiseaux (d’où le nom, en espagnol) qui règnent en maîtres sur la mangrove de palétuviers et repoussent les rares pêcheurs leur concédant seulement quelques cases sur la plage. Nous échangeons deux langoustes contre fil et aiguille, tee shirt, briquet et cigarettes.

Los Roques et Los Aves sont dépourvues de relief, nous mouillons dans des lagoons d’eau translucide aux couleurs irréels protégés par les récifs, avec seulement quelques bandes de sable en vue…Nous reviendrons bientôt !