Le grand voyage des Marcazzan

Le grand voyage de Mario, Emilie, Baptiste et Elisa ...

Au commencement, ce fut un abonnement cadeau à voile et voilier (merci à Laurent Cohen) qui nous fit même songer à l’acquisition d’un bateau. Au final nous avons été raisonnables et ce fut la maison en Normandie…ce n’était que partie remise. D’autant plus qu’en Normandie, nous nous étions inscrits au club nautique Veulais. Le feu couvait sous la cendre.

De fil en image, de salon nautique en salon et de sorties avec le club nautique valériquais en rincette, nous avons fini par troquer nos semaines de location en villa corse par des semaines de location en monocoque (merci à Midi Nautisme).

Mais la tentation dans les pages d’ « Histoires de partir » a été trop forte…Pourquoi les autres et pourquoi pas nous ?

mercredi 1 décembre 2010

Los Testigos









Quand nous sommes arrivés à Los Testigos, on était fatigués et on a déclaré : « journée de repos ». Le lendemain, Guad est allé parler aux pêcheurs. Nous (mon frère et moi) sommes partis jour dans les vagues. On s’amusait bien, puis on a commencé à avoir froid. On a discuté d’aller voir les autres enfants qui apparemment étaient des français. On a sympathisé.
Le soir, Guad nous dit : « On est invité à l’anniversaire d’un pêcheur ». Nous : «Ah bon, depuis quand ? ». Guad : « On a parlé et il m’a invité ». Donc nous allâmes le soir à l’anniversaire.
Nous avons appris par nos copains qu’on pouvait aller à l’école. Moi j’ai tout de suite dit oui, ce serait génial. Donc le soir préparation de cartable, et gouter.
Pour aller à l’école c’est très sympa, il y a une barque qui vient nous chercher. Nous devions aussi aller chercher d’autres enfants. Arrivés à l’école, enfin sur la plage, nous montions sur le ponton qui ne se terminait pas jusqu’au bout ! Donc les pauvres dames devaient nous porter et à la fin elles étaient trempées. Pour aller à l’école nous devions monter de grands escaliers et le matin les enfants faisaient un chant quand le professeur montait le drapeau.
A l’école il y avait une petite cour et deux bâtiments. Le premier pour les petits et les moyens et le deuxième pour les grands. Quand nous sommes arrivés ils nous ont demandé notre âge, notre grade, nous ne savions pas ce que c’est mais on a compris que c’était en fonction de l’âge. Mon grade : 4, le grade de l’autre Elisa : 4, Vicotria : 3. Et oui, Victoria a un an de moins que nous, donc elle était dans une autre classe, la pauvre. Notre premier cours on était à l’informatique. On devait regarder, on s’ennuyait à mourir. Notre deuxième cours est sciences et c’est beaucoup mieux, nous avons travaillé sur la dengue. Nous devions recopier la leçon en espagnol, c’est très marrant. Notre deuxième jour à l’école, on a encore eu science, c’était génial, elle a sorti un microscope et on a regardé des larves de moustique, un moustique, des mouches. C’est poilu, c’est pas beau.

L'école aux Testigos







Jolie expérience pour Elisa : Comme nous sommes installés aux Testigos pour quelques jours en attente d’une fenêtre météo favorable, Elisa se joint à ses copines des bateaux copains pour aller à l’école. Ramassage scolaire par la barque qui fait le tour des habitations et bateaux pour emmener les enfants sur l’autre île où se situe l’école. L’heure du départ est approximative : 7h10 heure Vénézuélienne (soit 30 minutes de décalage horaire) mais si le moteur de la lancia ne démarre pas, on attend. Si le temps est trop mauvais, pas d’école ! Retour vers 12h00 aux bateaux.
Sur place, Elisa a été accueillie dans une classe et elle parle en italien aux enfants et se fait donc comprendre. Pour les cours, c’est autre chose…La classe est organisée avec différents intervenants mais la maîtresse est avant tout prof de science. Au programme de ces quelques jours : la prévention contre la dengue. Elisa aura donc la chance de travailler sur le cycle de naissance des moustiques, en lien avec le programme français et d’observer sous microscope une larve de moustique vecteur de la dengue et une mouche (velue me dit elle). Elle fera également un arbre de Noël en abaisse langue.
L’école est dotée d’une belle salle informatique et les enfants de ces îles ont donc la chance de bénéficier de l’école le matin pour pouvoir être avec leurs familles l’après midi.
Elisa a été ravie de profiter de ces quelques jours et va donc reprendre le cned demain si nous partons vers Grenade.
P.S. : à cause du faux départ dont on a déjà parlé, Elisa a eu droit à un dernier jour d’école : cette fois, leçon d’anglais. Elisa n’a pas hésité à corriger le maître sur l’orthographe des chiffres en anglais ; résultat, elle a été invitée à tenir une petite leçon sur le français (maman, papa, les enfants, l’oncle, la tante…).

lundi 29 novembre 2010

Sur la voie du retour / 4 : retour aux Testigos






















Nous voilà de retour aux Testigos que nous découvrons que très tard car la nuit a été nuageuse et nous n’avons aperçu les côtes qu’à 5 milles. Magnifique lever de soleil, un de plus dans ma collection mais comment se lasser ? De belles rencontres et surprise nous attendent pour ce second séjour. Tout d’abord au mouillage, nous sommes assez nombreux en attente de la fenêtre météo pour remonter dans le nord. Samedi soir pour fêter ses 40 ans Felix, un pêcheur local qui a voyagé (Paris, Marseille – sa préferée, il y a la mer – et l’Allemagne) a organisé une fête pour tous les bateaux français. Guad assiste à la capture et au dépeçage de la chèvre : nous aurons un ragout de chèvre pour diner. Difficile de décrire l’atmosphère : village de pêcheur sur une toute petite ile, groupe électrogène pour alimenter la sono à fond et quelques lumières, présence des locaux (pêcheurs mais aussi capitaine et infirmière des gardes cotes), bière à gogo et salsa, merenge pour une soirée inoubliable. Moment intense d’émotion quand Felix et sa maman ont chanté en duo sur quelques accords de guitare : nous aussi nous pensons à nos familles.
Autre rencontre sympathique : deux nouveaux batocopains : Toumaï et Namesté, des monocoques au long cours qui naviguent depuis plusieurs années. Ils avaient navigué ensemble pour la descente entre l’Espagne et Salvador de Bahia il y a quelques années et qui se retrouvent aux Testigos après avoir affronté le pot au noir de retour du Brésil, Argentine, Cayenne et Surinam. A leur bord, deux couples et quatre enfants : sur Toomaï Manu (ancien pilote de l’armée de l’air), Vanessa (pur sang corse) Elisa, 9 ans (!)et Benjamin, 6 ans ; sur Namasté, Ivan (qui, étant ostéopathe, fait bénéficier Guad de ses soins), Sandrine, Hugo (11 ans) et Victoria (8 ans). Les enfants sont ravis et nous de même.
Nous partons à la découverte de l’île : dunes de sable et squelette de dinosaure, familles de fou de bassan et iguanes nous attendent. Guad refait son lasso à langouste te découvre la brésilienne, espèce plus petite mais plus gouteuse. Nous faisons quelques trocs avec les pêcheurs pour nous alimenter en frais : poissons coffre et une immense raie à la grande joie d’Elisa !!!
Nous regrettons le départ de nos amis de Corinthe, qui ont décidé d’abreger leur séjour pour remonter plus rapidement vers la Guadeloupe : par contre ils ont trouvé une bonne ouverture méteo et sont arrivés à Grenade sans encombre, tandis que nous restons ici bloqués dans l’attente d’une amélioration du temps. Nous faisons une tentative de départ, finalement avortée après quelques heures de navigation : après avoir fait nos aux revoirs au matin, nous rentrons dans l’après-midi la queue entre les jambes. L’ambiance à bord n’est pas au plus haut car la décision de faire demi-tour n’a pas été prise à l’unanimité, donc stress et discussions acérées s’ensuivent. Les enfants, eux, sont ravis de retrouver leur copains…

Sur la voie du retour / 3





Une navigation tranquille et, pour une fois, même un peu de voile (nous battons à plate couture nos amis de Corinthe, qui, même au moteur, n’arrivent pas à nous rattraper - comme ils disent, eux font tourner les moteurs pendant la navigation et nous au mouillage, pour faire de l’électricité vu l’insuffisance de nos panneaux solaires) nous emmène à Juangriego, sur l’île de Margarita, où nous souhaitons avitailler et faire le plein de gazole, profitant des prix très bas pratiqués au Venezuela. Une fois mouillés, nous descendons à terre, où nous sommes immédiatement pris en charge par les autorités locales : avant d’approcher la pompe à essence, il faut faire les papiers administratifs ! Ce qui prend une bonne partie de l’après-midi, y compris une inspection des bateaux avec fouille de tous les équipets, ce qui n’est pas pour nous rassurer : est-il pour mieux renseigner les pirates qui prétendument rôdent dans ces eaux sur ce qu’il y a à voler ? Un gros grain se déclenche peu après l’arrivée des officiers sur Wahoo, comme ils ne veuillent pas se mouiller ils restent pendant plus d’une heure bien à l’abri et font un sort aux réserves de Speculoos sous l’œil impuissant et désespéré des enfants ! Et quand enfin nous avons les papiers en règle, nous n’avons pas encore fini de nous amarrer au ponton essence qu’un autre officier (cette fois-ci des gardes-côtes) nous interdit de ravitailler, car le service est réservé aux pêcheurs locaux ! Décidemment, les autorités font tous pour décourager les visiteurs, tandis que l’accueil réservé par la population local est des plus chaleureux.
La déception est grande, d’autant plus qu’il nous faut absolument du gazole pour poursuivre ; à empirer la situation, la nuit est des plus agitées, une houle soudaine se lève, Wahoo à l’ancre surfe sur les déferlantes et c’est le branle-bas de combat chez les pêcheurs locaux qui sont obligés de doubler les amarres de leur barques en pleine nuit.
Le matin d’après c’est le début de la corvée gazole : d’abord prise de contact avec les pêcheurs qui, eux, ont le droit de s’avitailler à la pompe, ensuite mission à terre avec tous les conteneurs disponibles à la recherche d’une station d’essence. Un local disposant d’un vieux camion américain (ces bons vieux gros V8 sont increvables…) nous accompagne volontiers. A la pompe, nous n’en revenons pas : 135 l de gazole pour 70 bolivars, soit moins de 7 € !! Nous faisons deux fois la navette entre la pompe et les bateaux, transportant les bidons d’abord par camion, ensuite sur l’annexe, pour enfin verser le carburant dans les réservoirs de Wahoo et de Corinthe. A la fin les réservoirs sont pleins et nous avons même une petite réserve, grâce à une barque de pêcheurs qui nous a cédé à prix de marché noir (50 bolivars + 2 bières et 2 cigarettes…) 60 l supplémentaires. Nous sommes donc parés pour le départ…
L’avitaillement a été haut en couleur dans cette petite ville de province. Nous avons cherché en vain de la farine de blé pour faire le pain mais nous sommes repartis avec de la farine de mais pour faire les galettes. Serait ce l’occasion d’essayer une nouvelle recette ? Un énorme grain est tombé sur la ville pendant que nous faisions les courses et nous avons pu voir des scènes qui m’ont rappelé Phnom Penh à la saison des pluies : voirie recouverte d’eau et geysers dans les caniveaux sans oublié de vraies cascades des toits qui font rire les enfants. On sort les balais et les sceaux pour laver les trottoirs et les voitures…le tout accompagné d’une musique assourdissante mais différentes en fonction des voitures. Sans cette mésaventure au ponton essence, cette étape resterait un excellent souvenir !